Livre commémoratif

Un livre commémoratif ?

Le livre commémoratif commémore explicitement les prisonniers de Breendonk. Cette intention s’inscrit pleinement dans la mission que le législateur a fixée à la forteresse de Breendonk en 1947, lorsqu’elle a été reconnue comme Mémorial national : “Prendre toutes les mesures utiles pour que le souvenir de Fort Breendonk et des événements qui s’y sont déroulés reste vivant dans l’esprit de la Nation, éveille sa citoyenneté et stimule l’éducation patriotique des jeunes”. Le livre commémoratif donne un compte rendu clair des 3 600 personnes qui ont vécu l’horreur de l’Auffanglager Breendonk dans la période 1940-1944.

Qui est prisonnier de Breendonk ?

En ce qui concerne la définition d’un prisonnier de Breendonk, un critère assez général a été adopté : toute personne ayant été détenue par les SS au fort pendant l’occupation allemande entre le 20 septembre 1940 et le 3 septembre 1944 est inscrite dans le livre de souvenirs comme prisonnier de Breendonk. Non seulement ceux qui ont dû endurer des semaines ou des mois d’épreuves dans le camp sont mentionnés, mais aussi ceux qui auraient pu être enfermés dans la forteresse pendant quelques heures seulement en attendant un nouvel interrogatoire ou un transport.

Il n’est pas tenu compte du rôle que certains prisonniers ont pu jouer pendant leur captivité (chambellan et autres). Aucune évaluation morale n’est non plus faite – dans le cadre bien défini de cette étude – des attitudes de certains prisonniers pendant ou après leur capture. Cela signifie également que tous ceux qui figurent sur la liste n’ont pas nécessairement été reconnus comme des prisonniers politiques (certains ont même été condamnés à mort par les tribunaux belges après la guerre).

Méthodologie

Les sources allemandes relatives à l’Auffanglager Breendonk sont rares, les documents concernant ses détenus encore plus rares. L’évacuation de la forteresse à l’été 1944 a également scellé le sort de ses archives. Lorsque la résistance locale prit possession de la forteresse au début du mois de septembre 1944, elle ne trouva que quelques livres de montres et un dossier de notes de service pour les gardes du camp.

La source la plus importante est constituée par les dossiers conservés à la Direction générale des victimes de guerre. Ce service gouvernemental dispose d’un fichier DDO (Service de documentation et de recherche) pour la plupart des personnes arrêtées en Belgique pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans ce dossier, le chercheur retrouve toutes les traces qui permettent de prouver une arrestation et/ou une déportation pendant l’occupation de la Belgique. En outre, la DG Victimes de la guerre gère également les dossiers pour l’obtention d’un statut de reconnaissance nationale, attribué aux civils qui ont rendu des services patriotiques pendant la guerre.

Pour ce projet, nous avons consulté 3.001 DDO et 2.494 PG.

Les archives de la DG Victimes de la guerre contiennent également des (copies de) sources allemandes originales de la période d’occupation :

  • Les archives de la citadelle de Huy ;
  • Les registres des prisons de Charleroi, Dinant, Hasselt, Liège, Louvain et Saint-Gilles ;
  • Les archives des camps de concentration et des commandements de Buchenwald, Dora-Mittelbau, Flossenbürg, Mauthausen et Neuengamme ;
  • Les listes allemandes originales des otages exécutés ;
  • Les archives de l’Association juive de Belgique (documents de Salomon Ullmann).

Un deuxième pilier de la recherche archivistique est constitué par les dossiers de la police des étrangers, conservés aux Archives générales de l’État à Bruxelles. Ces dossiers administratifs contiennent des informations sur tous les étrangers qui ont cherché refuge – légalement ou illégalement – en Belgique avant la guerre. De nombreux prisonniers de Breendonk ayant des racines étrangères n’ont souvent pas demandé de reconnaissance auprès de la Direction générale des victimes de guerre. Les dossiers des ressortissants étrangers sont donc souvent la seule source qui nous renseigne sur leur histoire.

Au total, nous avons consulté environ 350 dossiers de prisonniers étrangers de Breendonk.

Au fil des ans, le Mémorial a recueilli des sources sur l’histoire du fort et de ses prisonniers.

Les collections de procès d’après-guerre contre l’ancien personnel du camp de Breendonk sont importantes. Ils contiennent des centaines de notes du procureur dans lesquelles des survivants, peu après les faits, témoignent de l’horreur de l’ancien camp de transit allemand.

Au final, nous avons publié douze champs dans le livre du souvenir :

  • Nom ;
  • Les prénoms ;
  • Lieu de naissance ;
  • Date de naissance ;
  • Lieu de résidence (au moment de l’arrestation) ;
  • Motif de l’arrestation ;
  • Date d’arrivée à Breendonk;
  • Numéro à Breendonk ;
  • Date de départ de Breendonk ;
  • Lot à la fin de la captivité ;
  • Lieu de fin de captivité ;
  • Date de fin de la captivité.

Les photographies

L’objectif de ce livre commémoratif est de donner un nouveau visage aux victimes du nazisme. C’est pourquoi il comprend une photographie de 2 044 des 3 589 prisonniers de Breendonk. Ces portraits, dont la plupart datent de la période 1930-1950, sont classés par nom et par ordre alphabétique.

La plupart des photos proviennent des archives de la Direction générale des victimes de guerre. Les fiches du camp de concentration de Buchenwald constituent également une source unique. Ces Häftlings-Personal-Karten, dont les originaux se trouvent dans les archives du Service International de Recherches à Bad Arolsen, peuvent être trouvés sous forme de copie dans les fichiers DDO. Pour les prisonniers d’origine étrangère, les dossiers de la police des étrangers sont particulièrement importants. Enfin, pour les photos manquantes, nous avons recherché les archives des anciens prisonniers ou de leurs successeurs, la photothèque du Mémorial national de la forteresse de Breendonk, du Musée juif de la Déportation et de la Résistance et du Musée juif de Belgique, CARCOB-DACOB et les Archives Libérales, les collections des archives municipales et des sociétés d’histoire locale, et enfin des publications telles que les mémoires et témoignages des prisonniers de Breendonk de l’après-guerre et le livre Héros et Martyrs. Les fusiliers” (1947).

Informations pratiques :

Edition : couverture rigide
Impression en 4 couleurs
Mise en page et impression : DG-Com (Défense)
Nombre de pages : 226
40 photos
Prix : 25 euros

Contenu :

Préface du ministre de la défense Pieter De Crem
Au nom des victimes et des anciens prisonniers par le prof. em. Roger Coekelbergs
Remerciements
Introduction au livre du souvenir : La répression allemande en Belgique occupée pendant la Seconde Guerre mondiale par le prof. em. Mark Van den Wijngaert
Introduction générale par Tine Jorissen
Méthodologie et sources par Dimitri Roden
Liste des noms des prisonniers de Breendonk (3589 noms)
Les visages des prisonniers à Breendonk (2044 photos)
Liste des abréviations
Bibliographie concise.

Nouvelle édition :

L’édition 2012 est malheureusement épuisée. Une nouvelle édition pourrait être publiée prochainement. Tous ceux qui ont des photos d’anciens prisonniers nous aideront à rendre cette nouvelle édition encore plus complète.

 

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